mardi 22 novembre 2016

Ouverture secours sur tyrolienne


Petit comparatif d'ouverture de mes 2 secours sur tyrolienne :


Secours de type rogallo "Orange ST" de chez Team 5 :

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Secours de type rond "Light" de chez Sup'Air :

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mercredi 2 novembre 2016

Val Louron

On va finir par y croire que le WE du 1er novembre est bon sur Val Louron.
Cela fait 3 ans que cela dure ! Je réserve pour l'année prochaine !
Bon cette année pas de plaf à 4000m, mais de quoi voler tous les jours du Cap de Pales avec des lumières et un paysage dont on ne se lasse pas.
Au début du WE c'était prévu très très stable. Heureusement on a eut la chance d'avoir des conditions plus favorables que prévu.
Après c'était des thermiques en période anticyclonique, donc assez vigoureux ! Et le Cap de Pales reste le Cap de Pales ; on doit toujours garder à l'esprit que c'est une grande face orientée en sud ouest, une vallée étroite façon "cocote minute" d'où les thermiques sortent à raz des crêtes de façon désorganisée. Et on vole souvent près du relief, alors vigilance accrue obligatoire. On est en haute montagne, ne jamais l'oublier tant que l'on a pas quelques centaines de mètres sous les pieds.

J'aurais pu rapporter des images d'Ager où mon club était de sortie ce WE, mais samedi j'ai dû faire un break après beaucoup de fatigue au boulot et partir dimanche voler avec les accus enfin rechargés. Donc je suis allé au plus court.

Le reste en images.














La fine équipe chaleureusement accueillie par Papy et toute sa tribu. On a passé un super moment ensembles. Que du bonheur. Un grand moment de partage : les uns pour la navette, les autres pour le repas, et tous ensembles dans la bonne humeur ; MERCI à tous !


dimanche 23 octobre 2016

"Nos misérables croyances en aérologie"


Je fais référence à la publication vu dans le Parapente Mag du mois d'Août - Septembre 2016.
J'ai noté et commenté plus bas quelques extraits du texte.
C'est un article page 8 ; je n'ai pas mis la photo de la page car droits d'auteurs.

Les extraits :

"Cette édition nous aura révélé une vérité insoupçonnable... Tout le monde pense que dans les Pyrénées, on ne doit jamais voler sous le vent de sud (...) on nous a mis des diables dans la tête, or les jeunes, eux, ne s’embarrassent gère de ces diables, ils les jettent aux oublis."

"Ce matin là au décollage de Superbagnères, les aiguilles des ventimètres mesuraient plus de 50 Km/h de vent fortement rafaleux du Sud-Ouest. Ça ronflait fort pendant 20 minutes, puis il y avait un tout petit créneau de 2 ou 3 minutes avec seulement 20 Km/h de vent (...) Il observe les cycles monstrueux durant une bonne heure puis, dans un des courts créneaux, il se lance. Gonflage face au vent, ascenseur vertical, voile chahutée au-dessus du déco et demi tour, feu vent arrière dans le flux du vent et des grosses rafales qui reviennent."

"Son audace fait tilt : quelques autres qui pourtant étaient bien décidés à redescendre à pieds, reviennent, ressortent leur voile du sac et tentent aussi le coup. Neuf pilotes oseront ainsi profiter des courts créneaux d'accalmie."

"Nous n'avions jamais vu cela, à part à la x-alps ! De quoi faire vaciller nos misérables croyances en aérologie."


Mes commentaires :

Lire ce texte m'a choqué et déçu. Je trouve cet article limite criminel et surtout d'une profonde bêtise.
Criminel car c'est faire croire que voler sous le vent de sud ne présente plus de dangers ; c'est banaliser un danger réel.
Et d'une bêtise immense car nous avons aujourd'hui une telle connaissance de la météo et des risques liés au sud dans les Pyrénées pour savoir à quel point ces phénomènes météo peuvent être vicieux et surprenants.
Bien évidement la force du flux est à prendre en compte, un léger flux de sud ne pose aucun souci. 
Mais qui n'a jamais vécu ou vu des phénomènes liés au vent de sud dans les Pyrénées les surprendre ? 
Ce texte c'est une ode à la sélection naturelle ! Seuls les plus fort et aussi surtout les plus chanceux, ne l'oublions pas, seront là pour prouver qu'on pouvait le faire ! Cool !

Et puis on pourrait aussi discuter sur la notion de mimétisme quand on lit ce passage : "Son audace fait tilt : quelques autres qui pourtant étaient bien décidés à redescendre à pieds, reviennent, ressortent leur voile du sac et tentent aussi le coup".
Mais c'est un autre débat, et qui concerne aussi la compétition, la CFD... 

Je ne m'explique vraiment pas l’intérêt d'un tel texte. C'est même pour moi perçu comme une certaine forme de provocation. Mais au final je ne sais pas qui est visé ? Les vieux pilotes toujours en vie par excès de prudence ? Les jeunes pilotes qui réfléchissent avant de voler ? Et si l'enjeu n'était pas la vie, on pourrait en sourire et passer à autre chose. Mais ce n'est malheureusement pas le cas.

Autre aspect ; je ne m'explique pas que l'auteur ne mesure pas le rôle formateur, d'exemple, qu'il joue, qu'on joue, avec nos publications, nos déclarations de vol, auprès d'un grand nombre.
Il y a quelques années j'avais été interpellé, et à juste titre, après avoir publié un post sur ce blog après un cross réalisé dans les Pyrénées un jour où un flux de sud se mettait en place. Longtemps je me suis posé la question de savoir quoi publier, avec toujours le risque d'induire en erreur les lecteurs et de leur faire prendre un risque de façon involontaire.
A chaque fois que je publie le récit d'un vol réalisé dans des conditions atypiques (vent soutenu, thermiques puissants, etc...), je communique que le vol a été effectué dans des conditions nécessitant une parfaite maîtrise de son matériel et présentant un certain niveau d'engagement.
 Aujourd'hui encore je me pose la question à chacun de mes posts. Par contre à aucun moment je n'ai fait la promotion d'une pratique à risque en expliquant que c'était la voie à suivre et que le reste n'était que balivernes.
Là, dans cet article, c'est ce que je reproche. Qu'on parle de la maîtrise des pilotes fort talentueux, pas de soucis, qu'on mette en avant leur exploit, bravo, mais qu'on prenne cette pratique comme étendard c'est pathétique. Surtout en stigmatisant à contrario ceux qui ont de "misérables croyances en aérologie".

Au final je me demande bien quel message a voulu faire passer l'auteur ? A quoi cela sert-il ? 
Pourquoi ne pas simplement mettre en avant le talent des pilotes présents ce jour-là et informer du plaisir que l'auteur à eut à parcourir nos belles montagnes ? Car il y a aussi cela dans l'article.


mardi 11 octobre 2016

Conditions printanières

J'avais pisté depuis vendredi dernier cette journée de lundi. Mais cette année pas évident d'avoir des prévisions météo fiables à plus de 2 ou 3 jours. Donc pas facile de poser des journées à l'avance...

Nous sommes actuellement dans une masse d'air froide, atypique pour la saison. Mais avec encore un bon ensoleillement ; du coup au final une belle journée de vol en conditions printanières. En réel les conditions étaient :
+ 16°C au sol à 400m
+ 3.2°C vers 1500m
donc un gradient d'environ 1.2°C par 100m : excellent !
des varios à +7m/s et intégré à +3m/s
10 Km/h de nord en début de vol à 1200m
puis maxi 15 Km/h de Nord Ouest à Ouest vers 1700m vers 16h.

Pas de quoi faire de grands parcours, mais déjà de quoi se faire plaisir et c'est l'essentiel !

Cette année j'ai très peu de temps de vol, donc les rares possibilités qui concilient la vie de famille, le travail et le loisir sont bonnes à prendre.

Du coup une voiture du Vol libre Pays des Gaves est allé direction Arbas ce lundi, avec David et Fabien. Bonne pioche !

Là c'est du côté du Col des Ares ; j'ai pour la 1ere fois cheminé sur les faces sud du piémont, en amont du Cagire, cheminement que connait bien Philou, Kévin, Richard ; et aujourd'hui cela fonctionnait super bien, avec seuls quelques vautours avec moi.

Vu sur les 3000m du Luchonnais derrière le Pic du Gar.

Un copain au dessus de Juzet d'Izaux.




Retour vers Arbas ; avec l'Ouest une formalité ! Un régal de facilité.

Au final un parcours de 53 Km que j'aime bien faire. Décidement le bocal d'Arbas est sympa, et celui de Juzet l'est aussi. Y'a encore plein de petites choses sympa à faire dans le coin.


dimanche 25 septembre 2016

Vol à raz du sol !

Une sortie technique sur le piémont près de Lourdes ; tout le vol à raz par terre ; un vol à la Pierre ! On ne voit pas le temps passer car il faut luter en permanence.

L'idée était de découvrir un nouveau déco près du Hautacam. L'endroit est très beau et sauvage. C'est sympa. On était entre copain, cela fait du bien !


Le déco est derrière le mont, au-dessus de Gazost.

Thierry en vol ; quand je dis qu'on a volé raz par terre c'est pour de vrai ! Passage d'un col avec juste ce qu'il faut.

Là on ressort en face sud sous le vent d'Est ; tonique !

Retour dans le val d'Azun après avoir fait un point bas à 139m sol près d'Argelès...



dimanche 28 août 2016

Reprise des activités fin Août.

Petit vol de reprise au Pays Basque lors d'une belle journée de vol.



Quelques jours de vacances en Charentes Maritime ; entre estuaire de la Gironde et Ile de Ré.








mercredi 13 juillet 2016

Championnats de France de Parapente 2016

Cette année les Championnats de France se déroulaient à Val Louron dans les Pyrénées.

Je publie mon billet avec pas mal de retard depuis cet événement, mais j'ai eu des soucis de santé qui m'ont quelque peu éloigné de toute communication liée au parapente...

C'est toujours sympa d'avoir ce type d'épreuve si près de la maison. Les derniers Championnats de France à Val Louron avaient déjà eut lieu en 2009, mais je n'avais pas été qualifié à l'époque. Par contre depuis j'avais participé à Val Louron à une pré-coupe du monde en 2012 ainsi qu'à une manche de Coupe du Monde en 2013. Autant à l'époque j'avais bien réussit lors de la pré coupe du monde en me classant 9ième, autant j'avais gardé un mauvais souvenir de la coupe du Monde en 2013 avec une décevante 65ième place. Jamais pendant cette compétition j'avais été dans le bon rythme, cette semaine là m'avait paru interminable...

Là cette année la préparation de ce Championnat a été calamiteuse, avec une météo catastrophique, surtout les WE, empêchant d'avoir du volume de vol suffisant pour arriver sur cet événement préparé comme il se doit.
Et le seul jour de préparation que j'ai fait à Val Louron en mai, je l'ai "vendangé" en passant du temps à la "ratière" au-dessus de Saint Lary, sans même jamais pouvoir m'en extraire. Ce vol devait servir à démystifier cette fameuse "ratière" qui m'avait causé tant de soucis lors de la Coupe du Monde de 2013, et bien s'est gagné, j'aborde ce Championnat de France avec un gros stress lié à cette zone de vol... La "ratière est le surnom que l'on donne à une combe qui permet de rallier la vallée de Saint Lary à celle de Val Louron, ce retour étant toujours très problématique. Pourvu que l'histoire ne se répète pas et que je ne loupe pas ce Championnat en restant pendant des heures à galérer sur la "ratière" au retour de Saint-Lary...

Vu ma préparation, j'arrive donc à Val Louron avec aucun objectif sportif, sauf celui de faire ce que sais faire en vol et de voler le mieux possible mais totalement affranchis de l'ambiance "compétition". Sans aucun stress, aucune pression, juste la motivation de passer du temps en vol, me faire plaisir, voyager dans nos belles montagnes qui me manquent beaucoup cette année. Belle motivation, non ?

Manche 1 : je sens la journée compliquée, et avant même de décoller, vu le parcours proposé et le potentiel de la journée que je sens très faible, je me dis qu'il faudra voler au frein à main. Bonne pioche, j'avais vu juste... Contrairement à mes habitudes, je décolle même dans les derniers, je sens qu'il faudra voler lentement, rester haut. Lors d'un petit briefing avec des pilotes Réunionnais avant la manche, je leur explique que le plus dur toute la journée sera d'arriver à passer par dessus chaque crête après chaque traversée de vallée. Et pour cela il faudra voler à finesse max, avec comme seul objectif de raccrocher les crêtes par le haut, quitte à perdre 1 ou 2 minutes dans une traversée de vallée, mais pour au final gagner des dizaines de minutes, voire des heures...

Au start.


Et j'ai appliqué cela durant tout le vol, et surtout quand un voile épais met toutes la vallée de Luchon à l'ombre. Avec du recul je suis impressionné que l'on ait pu parcourir autant de distance pendant toute la période où le voile était si épais ; c'est hallucinant.

Le ciel est bien gris... et tout est à l'ombre.

Au loin Luchon.

Superbagnères.

En fin de manche quand je passe sur Val Louron avant d'aller faire le dernier tour à Saint Lary, je suis surpris de ne voir personne posé.
Arrivé à Saint Lary et le cylindre des points temps passé, il faut maintenant rentrer à Val Louron pour passer le goal. Et là cela semble compliqué, comme toujours. Nous nous retrouvons avec les seuls pilotes à boucler (sauf Jonathan Marin qui vient de rentrer sur Val Louron) à zoner à Ens. Là on sait que l'on peut y passer la soirée sans jamais en sortir...


Clément Hoelter de la Réunion, devant l'Arbizon, qui fait un très beau Championnat de France en se classant 8ième au général.

La seule solution, je la connais, c'est de passer par ... la "ratière" ! Ça y'est, le verdict approche. Comment je vais négocier la sortie par la "ratière"... Je n'ose à peine y penser. Mais je reste confiant, très calme, très concentré et sans aucune pression. Je vais aller à la "ratière", je vais faire ce que je sais faire, et cela va passer...
Donc de Ens, direction les pentes ouest de la "ratière", avec un petit passage en force du verrou face au vent ; j'arrive très très bas et là cela ne monte pas top, alors je vais jusqu'à la pointe la plus au nord de la "ratière", limite sous le vent, et si elle veut de moi, cela marchera. Et là bingo ! Je n'ose pas y croire, le thermique est puissant, et au fur et à mesure que je vois le relief d'éloigner sous mes pieds, je revis, je suis en train de démystifier la"ratière", ma "ratière" qui m'aura hanté pendant si longtemps. Rarement je n'ai eu un tel sentiment de soulagement, et en plus de voir mes compagnons s'extraire comme moi juste après, le bonheur. Et je suis heureux aussi pour ceux qui sont venus me remercier au goal de leur avoir montré le passage. Un beau moment de partage.

Au goal. Merci Roland Wacogne pour les photos.



Manche 2 : une belle manche technique et ambitieuse. C'est pour vivre ce genre de parcours que je fais de la compétition, car cela oblige à avoir une vision plus large et bien plus ambitieuse que lors de vol en solitaire.

La colonne thermique est bien visible !





Une belle idée de nous envoyer vers Campan, en passant au pied du Pic du Midi de Bigorre.

Là on chemine au nord de la réserve naturelle du Néouvielle, avec le sommet du Néouvielle que l'on voit à droite de la photo.


Le Pic du Midi à droite et le Pic des Quatre Termes à gauche.


Lorsque nous sommes arrivés au pied du Pic du Midi, j'étais très ému de me retrouver à enrouler le thermique, lors d'un Championnat de France, avec une si belle machine qu'est l'Icepeak 8, au même endroit où 30 ans plus tôt je commençais à voler en parapente. Car c'est là, dans cette face sud, face au Pic du Midi de Bigorre que je faisais mes 2 premiers vols en parapente, en décollant à ski, le 20 avril 1986. Je pensais à cet adolescent de 15 ans qui volait ce jour là, comment aurait-il pu imaginer ne serait-ce qu'un instant ce qui allait se passer 30 ans plus tard ? Ce moment pour moi a été magique. Les autres compétiteurs devaient penser à la course, à l'enjeu, moi j'étais plongé dans mes souvenirs, nostalgique. D'ailleurs ironie du jour, au décollage juste avant la manche j'ai revu Jacques Helin qui m'avait connu à cette époque là et avec qui nos volions souvent, et que je n'avais pas revu depuis plus de 25 ans ; étonnant cette journée tout de même.

Le retour du Pic a été compliqué, il fallait là aussi s'appliquer à voler au bon rythme.
Et de nouveau un passage par la "ratière", définitivement réconciliée avec moi, et qui m'a offert une sortie tonitruante, dans un thermique tonique et festif ; la fanfare, c'était la fête !

Une fin de manche classique, par les hauts sommets entre Cap de Pales, Céciré et Pic du Lion, le tout parsemé de thermiques étroits et sur puissant, comme rarement vu à ces endroits là.


Manche 3 et dernière manche : passage sur Arbas. Beaucoup d’inquiétude de la part des organisateurs pour envoyer en vol 120 pilotes depuis ce site où ne décolle qu'un pilote à la fois. Pour éviter la galère et surtout fuir la chaleur du décollage, je suis le 1er de la manche ce coup ci à décoller. Je suis ensuite allé me mettre à l'abri, en attente du côté de la Husse, à moitié ensuqué par la chaleur et la fatigue, et j'ai ainsi attendu près de 2h en rêvassant.
Ensuite on a vécu une manche complexe, dans du tout petit, en guettant la moindre respiration de la masse d'air qui arrivait à s'extraire de la fournaise, fournaise qui écrasait tout au sol. Nous sommes arrivés à traverser la Garonne, par contre un importante zone à l'ombre à posé tous les pilotes encore en vol dans la même zone ; sur cette manche il n'y avait rien à gagner, mais beaucoup à perdre.

Au final, ben c'est pas si mal. Je fais mon meilleur classement à un Championnat de France, en finissant 6ième au général. Content car cela m'ouvre les portes des Coupes du Monde pour l'année prochaine, en tout cas celles que j'aurais envie de faire. J'aurais le choix sans soucis.

Je remercie du fond du cœur ceux qui m'ont soutenu pendant les Championnats de France, mais aussi ceux qui étaient là dans la période qui a suivit. Un grand merci à eux, ils se reconnaîtront.

Par contre pour moi la saison s'arrête là, je dois me soigner pour revenir en forme en 2017.

A bientôt pour de nouvelles aventures.